Du bagne au paradis, mémoire et évasion au large de Kourou


Archipel de trois îlots volcaniques situé à 14 km au large de Kourou, les Îles du Salut sont le premier site touristique de Guyane avec près de 50 000 visiteurs par an. Leur nom évoque le refuge qu'y trouvèrent les survivants de la tragique expédition de Kourou (1763), décimée par les fièvres tropicales. Mais c'est le bagne (1852-1953) qui les rendit tristement célèbres dans le monde entier : Alfred Dreyfus, Guillaume Seznec et Henri Charrière, dit Papillon, y furent détenus dans des conditions effroyables. Aujourd'hui, vestiges historiques classés et nature tropicale luxuriante cohabitent dans un cadre paradisiaque aux eaux turquoise, spectacle unique en Guyane.
Environ 62 hectares repartis entre l'île Royale (la plus grande), l'île Saint-Joseph, et l'île du Diable.
PopulationAucun habitant permanent. Personnel temporaire uniquement (auberge, gendarmes).
Villes principalesSeule l'île Royale dispose d'infrastructures (auberge, gendarmerie, héliport).
À 14 km au large de Kourou, dans l'océan Atlantique. Les îles sont situées sous la trajectoire des fusées Ariane et sont évacuées avant chaque lancement spatial.
Port de plaisance de Kourou : 1h de traversée en catamaran ou navette. Départ quotidien des Balourous, face au marché aux poissons. Plusieurs compagnies assurent la liaison : Promaritime Guyane, Tropic Alizées, La Hulotte, Guyavoile. Compter environ 47 à 60 € l’aller-retour selon la formule choisie.
Seules les îles Royale et Saint-Joseph sont accessibles au public. L’île du Diable est interdite à cause des forts courants. Les îles ferment lors des lancements de fusées. Prévoir protection solaire, chaussures de marche, eau et argent liquide.
Climat équatorial océanique, plus ventilé que le continent. Les îles sont dépourvues de moustiques – ce qui leur valut leur nom de « Salut ». Température moyenne de 27°C.

Cœur historique du bagne
Plus grande des trois îles (28 hectares), l'île Royale était le centre administratif du bagne : commandement, hôpital, chapelle, quartier des surveillants. Un sentier balisé permet d'en faire le tour en 1h30, traversant une végétation dense et offrant des panoramas spectaculaires sur l'océan et les autres îles. Au sommet, l'Auberge des Îles (ancienne caserne de 1899) propose restauration et hébergement.
Les monuments restaurés témoignent de l'histoire carcérale : la chapelle aux magnifiques fresques peintes par le bagnard-faussaire Francis Lagrange, l'hôpital aux cachots voûtés, le cimetière des enfants des gardiens, les cellules disciplinaires sans toit. Un musée retrace la vie quotidienne des condamnés. Ne manquez pas la « piscine des bagnards », bassin naturel idéal pour se baigner à marée haute.

La « mangeuse d'hommes »
Surnommée « île du Silence », Saint-Joseph accueillait les bagnards les plus récalcitrants, isolés dans de minuscules cellules où toute communication était interdite – les détenus ne pouvaient échanger que par gestes. Les murs étaient enduits de poudre de charbon : la moindre trace sur le pyjama rayé entraînait des sanctions supplémentaires.
Aujourd'hui, la nature a repris ses droits sur ces vestiges saisissants. Les racines des arbres envahissent les cachots, les toiles d'araignée habillent les barreaux. Un sentier permet de découvrir les ruines et mène à une magnifique plage de sable blanc aux eaux turquoise – paradoxe bouleversant entre l'horreur passée et la beauté présente. Accessible en navette depuis l'île Royale.

Le rocher de Dreyfus
La plus petite (14 hectares) et la plus célèbre des trois îles reste strictement interdite au public en raison des courants violents qui l'entourent. C'est ici que furent détenus les prisonniers politiques, dans des conditions d'isolement extrême. Le capitaine Alfred Dreyfus, injustement condamné pour trahison, y vécut quatre années (1895-1899) dans une case face à la mer dont la vue était volontairement coupée.
Visible depuis l'île Royale, sa case a été restaurée par le CNES. On peut l'apercevoir depuis les points de vue aménagés et lors des tours en catamaran qui longent l'île. Benjamin Ullmo, condamné en 1908, y passa également les deux tiers de sa vie dans la même case. Un symbole de l'injustice et de la solitude absolue.

Chef-d'œuvre d'un bagnard faussaire
Construite au milieu du XIXe siècle, la chapelle de l'île Royale abrite des fresques exceptionnelles peintes par Francis Lagrange, bagnard condamné pour faux-monnayage. Cet artiste autodidacte transforma les murs de l'édifice en tableaux naïfs et colorés représentant des scènes bibliques et des motifs décoratifs.
Classée monument historique, la chapelle a été restaurée par le CNES dans les années 1980. Elle constitue l'un des témoignages les plus émouvants de la vie au bagne : même dans l'enfer carcéral, la création artistique trouvait sa place. La visite guidée (environ 7,50 €) permet de découvrir ce patrimoine unique ainsi que l'histoire du bagne.

Une heure d'évasion sur l'Atlantique
La traversée vers les îles fait partie intégrante de l'expérience. Au départ du port de plaisance de Kourou, le catamaran remonte le fleuve jusqu'à l'embouchure avant de prendre le large. En une heure de navigation, les eaux boueuses du littoral laissent place au bleu azur de l'Atlantique – un spectacle rare en Guyane.
Les excursions en catamaran incluent généralement le tour de l'archipel, l'escale sur les deux îles accessibles, le déjeuner (souvent à l'Auberge des Îles ou en pique-nique) et le traditionnel ti'punch à bord. Certains prestataires proposent des formules sur deux jours avec nuit sur l'île Royale. Une journée inoubliable entre histoire, nature et évasion insulaire.
D'abord nommées « Îles du Triangle » puis « Îles du Diable » en raison des courants périlleux, les îles furent rebaptisées « du Salut » après la tragique expédition de Kourou (1763-1764) : sur 12 000 colons envoyés peupler la Guyane, la majorité périt de fièvre jaune. Les survivants trouvèrent refuge sur ces îlots dépourvus de moustiques, où ils recouvrèrent la santé.
Dès 1852, les îles deviennent un bagne accueillant les condamnés aux travaux forcés. L'île Royale hébergeait l'administration, Saint-Joseph les « fortes têtes » soumises au silence absolu, et l'île du Diable les prisonniers politiques – dont Alfred Dreyfus (1894-1899). Quelque 70 000 bagnards y transitèrent jusqu'à la fermeture en 1953. Le CNES, propriétaire depuis 1971, a restauré les monuments classés : chapelle aux fresques du bagnard Lagrange, hôpital, case Dreyfus.

Les Savanes de Guyane se découvrent mieux lorsqu'on se laisse guider. Autour de Îles du Salut, la forêt amazonienne, les fleuves, les sites culturels et les communautés locales forment un territoire d'une richesse rare, que nos excursions vous invitent à explorer à votre rythme.
Qu'il s'agisse d'une immersion dans la culture amérindienne, d'une randonnée en pleine nature ou d'une visite patrimoniale, chaque sortie est pensée pour vous offrir une expérience authentique et mémorable des Savanes de Guyane.
Voir plus d'excursionsIl n'y a pas d'excursions pour le moment, mais n'hésitez pas à revenir plus tard.
Malgré leur passé sombre, les Îles du Salut offrent un cadre naturel paradisiaque. Couvertes de cocotiers, d'hibiscus et de végétation tropicale luxuriante, elles contrastent avec le continent par leurs eaux cristallines bleu turquoise – un spectacle rare en Guyane, loin des alluvions boueuses des fleuves côtiers.
La faune y est abondante et peu farouche : singes saïmiris qui n'hésitent pas à grimper sur les visiteurs, agoutis, iguanes verts, paons, tortues marines et nombreux oiseaux tropicaux. Les eaux environnantes, autrefois infestées de requins attirés par l'abattoir du bagne, restent parcourues de forts courants. La baignade est possible sur la plage de sable blanc de Saint-Joseph et dans la « piscine des bagnards » sur l'île Royale, bassin naturel protégé par les rochers. Un petit coin de paradis où la nature a repris ses droits sur l'histoire.

Les Savanes de Guyane vibrent au rythme d'une vie locale animée, portée par la diversité et la richesse culturelle de ses habitants.
Fêtes communautaires, manifestations sportives, événements culturels : chaque commune a ses rendez-vous qui rythment l'année et rassemblent petits et grands.
Ces moments de partage, organisés par des associations, des bénévoles et des collectivités engagées, sont autant d'occasions de se retrouver et de renforcer les liens qui unissent nos communautés.
Consultez l'agenda des prochains événements et ne manquez aucun rendez-vous de votre territoire !
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